Affaire Adama Traoré : les juges ordonnent une nouvelle expertise médicale en Belgique

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Cette expertise, qui sera menée par des médecins exerçant dans la région de Bruxelles, est destinée à déterminer les causes de la mort du jeune homme, le 19 juillet 2016, sur le sol de la gendarmerie de Persan, dans le Val-d’Oise.

Par Nicolas Chapuis Publié aujourd’hui à 14h35, mis à jour à 16h18

L’affaire Adama Traoré sort chaque jour un peu plus de l’ordinaire. L’enquête prend cette fois-ci le chemin… de la Belgique. Selon les informations du Monde, les trois juges d’instruction ont nommé quatre médecins qui exercent tous dans la région de Bruxelles pour rendre une expertise médico-légale, destinée à déterminer les causes de la mort du jeune homme, le 19 juillet 2016, sur le sol de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise).

Une décision complètement inhabituelle pour une information judiciaire, qui tente de sortir de l’ornière. En tout, 12 rapports médicaux ont été rendus depuis quatre ans, dont plusieurs expertises de synthèse. Si celles-ci concluent toutes à un syndrome asphyxique, elles divergent sur les causes qui l’ont provoqué. Le dernier rapport ordonné par la justice blanchissait les trois gendarmes qui avaient interpellé Adama Traoré ce jour-là. Les médecins estimaient que le jeune homme était décédé des suites d’un œdème cardiogénique, provoqué notamment par la combinaison de la sarcoïdose et du trait drépanocytaire dont il était affecté, sous des formes pourtant bénignes. Selon eux, c’est l’effort produit par Adama Traoré pendant sa fuite qui lui avait coûté la vie.

Un rapport produit par la famille et faisant appel à des experts des deux maladies citées avait balayé ces conclusions, incitant les autorités à reconsidérer la thèse de l’asphyxie positionnelle due à la méthode d’interpellation des gendarmes. Les proches du jeune homme, qui fêtait ses 24 ans ce jour-là, restent persuadés que c’est l’intervention des militaires qui lui a coûté la vie. Aucun d’entre eux n’est à ce stade de l’enquête mis en examen.

Dans un communiqué, les avocats des gendarmes, Rodolphe Bosselut, Sandra Chirac Kollarik et Pascal Rouiller se sont félicités de cette décision des juges. Une position que ne partage pas l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou : « Après avoir sélectionné des médecins français incompétents, les juges d’instruction sont allés chercher des médecins belges incompétents. Aucun des médecins n’est véritablement spécialiste des pathologies en cause dans le dossier. Il existe pourtant deux expertises réalisées par des vrais spécialistes et qui indiquent clairement que le décès d’Adama Traoré a été causé par le plaquage ventral des gendarmes, résume-t-il. La technique qui consiste à faire traîner en longueur la procédure judiciaire dans les affaires mettant en cause les forces de l’ordre est régulièrement dénoncée par la Cour européenne des droits de l’homme. »

Pour régler la querelle française, les juges se tournent donc vers les Belges. Parmi les quatre médecins, figurent un cardiologue, un médecin légiste, un pneumologue et une hématologue spécialiste de la drépanocytose. Aucun d’entre eux n’est évidemment inscrit sur les listes des experts judiciaires français. Ils devront prêter serment par écrit, vu l’éloignement géographique.

Ce nouveau rebondissement va donc prolonger l’enquête quelques mois de plus. Ce n’est pas la première fois que l’investigation prend des détours singuliers. Ces derniers jours, les juges d’instruction ont entendu le principal témoin, dans l’appartement duquel Adama Traoré a été interpellé. Devant le faible niveau d’expression de la personne, les magistrats se sont retrouvés à mimer la scène, procédant à une reconstitution à même le sol de leur bureau, et endossant eux-mêmes le rôle des gendarmes, tandis que le témoin jouait celui d’Adama Traoré. Alors que la famille demande une vraie reconstitution des faits depuis plusieurs mois, cette improvisation a surpris.

Elle correspond à une accélération de l’enquête ces dernières semaines, après plusieurs mois d’inertie. Les juges ont procédé à deux auditions de témoins. Ils ont également diligenté des investigations pour en identifier d’autres et pour creuser les antécédents de l’une des personnes entendues.

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