Cameroun: Paul Biya reçoit Une lettre d’adieux sur le bureau, voici pourquoi!

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Monsieur le Président,

C’est un honneur pour moi de vous écrire cette lettre d’adieux. Vous voudriez sûrement me demander, motivé par l’instinct de dictateur, qui est-ce qui s’en va? Ou plus directement pourquoi m’en vais-je ? Pourtant, Monsieur le Président, c’est vous qui vous en allez. J’en ai eu le profond sentiment hier après lecture de la nouvelle loi que vous avez fait passer à l’assemblée nationale.

L’article 246: quel bel accomplissement monsieur le Président! Il est le fruit de 37 années de bataille acharnée. Par son adoption vous êtes arrivé au bout de votre combat. Désormais l’idéal national contre lequel vous avez érigé votre politique est effrité. La conscience tribale est légiférée. Ne vous en sentez-vous pas fier? Quelle question idiote! Toute votre carrière politique vous vous êtes battu pour çà ! Pour que le tribalisme soit institutionnalisé. Vous avez tout mis en œuvre pour que jamais LES PEUPLES Camerounais ne se rassemblent plus autour d’une seule identité. Tel était votre objectif, il est atteint; qu’attendez-vous pour vous en aller ? N’avez-vous pas envie de vous reposer après un si dur labeur ?

Puisque, grâce à votre ingéniosité, il n’existe plus de nation Camerounaise il me semble sauf à me tromper que vous n’avez plus le droit de diriger toutes les tribus. Vous n’êtes autochtones que d’une seule. Vous devez donc dans l’urgence renoncer à la magistrature suprême pour vous consacrer à la gestion villageoise de votre région d’origine ou, bien mieux, de votre arrondissement d’origine. Cette logique est essentiellement fille de la loi que vous venez de faire adopter par acclamation par un groupe de pantins parlementaires.

On a désormais mieux compris pourquoi vous avez encenser par votre silence les derniers événements tragiques de Sangmelima. Peut-être qu’à la prochaine session parlementaire vous ferez voter une autre loi qui conférera aux autochtones le droit de vie et de mort sur les allogènes. On a mieux compris pourquoi vous avez approuvé la sortie publique des députés issus de votre région « natale » qui menaçaient la communauté bamileke en des termes très explicites. Monsieur le Président je meurs d’envie de savoir quand est-ce qu’il vous viendra également à l’esprit de faire voter dans l’urgence une loi qui dira avec des mots qu’il faut que le paiement des impôts incombe désormais aux seuls autochtones de chaque ville, ou mieux que chacun devra dès 2020 payer ses impôts dans la localité où il est autochtone. Cela apporterait plus de sens à vos choix démentiels qui n’ont pour seul objectif que de laisser derrière vous un pays en flamme.

Vous avez fait monter une grosse colère dernièrement par vos choix absurdes. Mais c’est parce qu’en tant qu’humains de nombreux Camerounais (oui, c’est malgré tout ce qu’ils sont) ont du mal à comprendre que leur semblable soit habité par autant de cruauté. Mon avis personnel est que vous avez été un mal nécessaire. Telles les flammes sur Sodome et Ghomorre, vous avez tout brûlé pour que la nouvelle génération reconstruise quelque chose de meilleure. Les conséquences de votre gestion calamiteuse seront assurément le sous-bassement du Cameroun prochain. Nous n’essuierons cependant pas le sang de votre épée sur les murs de la mémoire collective, nous ne jetterons pas dans les rivières de l’oubli les cendres de ce tissu national brûlé par les langues de votre feu. Nous garderons tout cela pour la postérité; pour qu’elle apprenne ce que l’on peut tirer comme résultats à laisser aussi longtemps un cancre tenir le gouvernail d’un si grand bateau.

Monsieur le Président, votre temps tire à sa fin et c’est pourquoi j’ai ouvert cette lettre en vous adressant mes adieux. Seulement, bouffi d’orgueil, votre aveuglement vous empêche de voir que la main de fer avec laquelle vous assujettissiez les camerounais est aujourd’hui rouillée et qu’elle rejoindra très bientôt la poubelle nauséabonde de l’histoire. Lorsque l’heure sonnera vous serez abandonné à votre sort, y compris par ceux qui aujourd’hui encore se brisent le dos à le trop courber par crainte de vous déplaire. Lorsque l’heure viendra vous voudrez, comme vous le souhaitez tant, vous en aller comme un démon: en détruisant tout. Mais vous comprendrez quand il sera bien tard, alors que le feu sur votre allumette s’éteindra en touchant le bûcher, que vous y aviez versé de l’eau en croyant à de l’essence.

Cordialement, Monsieur le Président ! De quoi? Je n’en sais rien.

Kand Owalski

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