Coronavirus : masques, réactivité, départ du ministère… Comment Agnès Buzyn s’est défendue face aux députés

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« J’ai pressenti. J’ai senti un danger. » L’heure de vérité pour Agnès Buzyn. L’ancienne ministre des Solidarités et de la Santé a été auditionnée par les députés membres de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale durant plus de quatre heures ce mardi 30 juin. L’occasion pour elle de revenir sur sa gestion de la crise sanitaire, jusqu’à son départ précipité du ministère en février pour briguer le poste de maire de Paris. Quelques jours auparavant, Agnès Buzyn assurait le 23 janvier, que la France était « extrêmement bien préparée » à l’épidémie de Covid-19 arrivant de Chine.

« Vous ne pouvez pas dire que je n’ai pas anticipé ». Questionnée dès le début de son audition sur sa gestion de l’arrivée du Covid-19 sur le territoire français, Agnès Buzyn se défend d’avoir laissé le pays dans l’impréparation et a tenu à rappeler le calendrier des événements. « J’ai eu une première alerte totalement par hasard lors des vacances de Noël. Un blog en anglais rapportait des cas de pneumonie inconnue, rapporte l’ancienne ministre. J’ai vu ça sur Twitter. » Intriguée, Agnès Buzyn assure avoir demandé à ses services de surveiller cela de près. 

Puis en janvier, les autorités chinoises communiquent enfin sur l’apparition d’un nouveau coronavirus dans la ville de Wuhan. « Mon premier niveau d’alerte est le 11 janvier parce que la Chine annonce un nouveau décès. Nous avons, d’une part, l’information que c’est un nouveau virus de la famille du coronavirus et, d’autre part, que ce virus peut être grave car un décès est rapporté. » 

Dix jours après, Agnès Buzyn décide d’une conférence de presse, le 21 janvier, et précise qu’à ce moment-là l’OMS refuse toujours de déclarer l’urgence sanitaire. Si elle reconnaît avoir déclaré que « le risque d’introduction en France de cas liés est faible », elle rappelle « qu’à cette date, il y a une cinquantaine de cas en Chine », un pays qui compte plus d’1,3 milliard d’habitants. « Je pense être la seule ministre de la Santé européenne à avoir pris une décision de faire une conférence de presse aussi tôt. A cette date-là il n’y a pas d’alerte de l’OMS, insiste Agnès Buzyn. C’est bien parce que j’ai une perception qu’il se passe quelque chose et qu’elle peut évoluer que je fais une conférence ». La transmission interhumaine sera confirmée le lendemain, le 22 janvier. « Je mets en branle tout le système dès le 23 janvier ».

La crise sanitaire du coronavirus a pointé du doigt le problème de la gestion du stock national de masques, notamment des masques de type FFP2. Alors qu’en 2011, l’Etat en détenait 723 millions, ainsi que 1 milliard de masques chirurgicaux, les stocks étaient quasi inexistants au moment où émerge le coronavirus en France. Là encore sur ce sujet, Agnès Buzyn récuse d’avoir fait preuve de lenteur et explique qu’une première commande de 1 million de masques FFP2 a été décidée dès le 28 janvier et qu’une note est adressée aux ARS pour connaître l’état des stocks locaux. En effet, à partir de 2011, la responsabilité de constituer des stocks de masques FFP2 revient aux employeurs, directeurs d’établissements et aux médecins eux-mêmes lorsqu’ils exercent en libéral. 

Face à la faiblesse du stock, Agnès Buzyn décide d’une autre commande le 7 février de 28 millions de FFP2, ainsi que des blouses et des lunettes. « Nous donnons notre accord pour créer le stock d’Etat de FFP2 qui n’existe pas, en contradiction à la doctrine de 2011 qui remet la responsabilité sur les établissements de santé », se défend-elle. 

Si les commandes du ministère ont tardé à arriver en France, c’est selon Agnès Buzyn dû à l’emplacement même de l’épidémie de coronavirus. « Quand on a commandé, il n’y avait déjà plus moyen d’en avoir. Tout était produit en Chine ». L’ancienne ministre explique notamment que le tissu qui sert à fabriquer les surblouses est produit à Wuhan, épicentre de l’épidémie. Les pénuries ne proviendraient donc pas d’une absence d’anticipation de la part des autorités sanitaires mais de la « centralisation de la production », précise-t-elle aux députés. « La malchance est que cette épidémie parte de Chine ».   

Concernant son niveau d’information du niveau des stocks, Agnès Buzyn indique qu’elle n’a jamais été mise au courant de la note de 2018 adressée à la Direction générale de la Santé par Santé Publique France. 

« J’ai quitté le ministère à l’époque où il y avait 12 cas en France ». Agnès Buzyn se défend d’avoir fait preuve de légèreté en quittant son poste au ministère des Solidarités et de la Santé le 16 février 2020 alors que la future crise du coronavirus se dessinait en France. « Au 14 février, il y avait 40 cas en Europe, tous en lien avec Wuhan », explique-t-elle. Le pays n’était donc pas face à une vague épidémique et la propagation du Covid-19 semblait encore sous contrôle. 

Devant les députés, elle « estime avoir préparé le système de santé » au moment de la décision d’abandonner ses fonctions au gouvernement au profit de la candidature à la mairie de Paris en replacement de Benjamin Griveaux. « Trois semaines avant, j’ai déjà demandé, à toutes les ARS, l’état des stocks des respirateurs », ainsi que des capacités d’accueil des hôpitaux. « Je me projette toujours dans le risque le plus grave. C’est mon rôle. (…) Je n’ai aucun moment sous-estimé le risque. » 

Enfin, concernant la transmission des responsabilités à son successeur Olivier Véran, Agnès Buzyn explique qu' »il connaît le ministère comme sa poche » et que la passation s’est déroulée dans la « simplicité ». Le nouveau ministre disposait de toutes les informations sur l’arrivée de l’épidémie de coronavirus. « On n’a parlé que de ça », assure-t-elle. 

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