Critique de Parents d’élèves (Film, 2020) – CinéSéries

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CRITIQUE / AVIS FILM – « Parents d’élèves » est une plongée sympathique dans une école primaire, aux côtés d’un groupe de parents d’élèves, de leurs enfants, d’une maitresse d’école attachante et d’un baby-sitter malin qui se fait passer pour ce qu’il n’est pas.

L’immersion au cinéma ou à la télévision dans un collège ou un lycée, ce n’est pas nouveau. On pense ainsi à La Vie scolaire, à la déclinaison de L’Elève Ducobu ou encore à la mini-série Pep’s qui se moquait des rapports parents, élèves et profs. Comme son titre l’indique, Parents d’élèves met en avant les relations complexes que peuvent avoir des parents d’élèves entre eux, mais aussi avec le professeur de leurs enfants. Et même si le film assume certains clichés et force évidemment le trait en vue d’effets comiques, il faut bien reconnaître qu’il semble empreint d’une grande authenticité. C’est sans doute dû aux nombreux intervenants crédités au générique, qui ont, semble-t-il, puisé dans leur expérience personnelle. Le film a en effet été développé à partir d’une idée d’Alice Girard  (par ailleurs productrice) et de Marinette Levy, coscénaristes avec Mathias Gavary et co-dialoguistes avec la réalisatrice Noémie Saglio (Plan cœur), à qui le film a été proposé.

Et quand on sait que Vincent Dedienne, qui interprète le héros trentenaire Vincent, a également participé à la réécriture de son personnage, on n’est pas surpris de constater qu’il ressemble un peu à l’acteur dans la vraie vie : un trublion attachant qui n’a ni enfants ni sa langue dans sa poche et découvre avec un regard moqueur un univers auquel il n’était pas préparé. Le personnage de Vincent est donc plutôt bien campé : il ressemble ainsi à ces trentenaires oisifs qui ont abandonné leurs études, ont différents projets en cours sans en mener un forcément à terme et ont fait de la glande un art de vivre. Le jeune homme garde ainsi dans son appartement, en l’absence de leurs maîtres, un gros chat, des oiseaux et une tortue avec lesquels il a des échanges drôlatiques dans des scènes qu’on aurait bien aimé voir encore plus à l’écran.

Il devient le baby-sitter de Bart, dont la maman, Elyse (Anne Charrier), vient d’emménager dans le même immeuble et est débordée par les horaires de son nouveau travail. S’il s’agit de montrer la naissance d’une jolie relation d’amitié et de confiance entre Vincent et Bart, c’est pourtant au départ un travail dont on est un peu surpris de ne jamais voir à l’écran les transactions financières entre la mère et le baby-sitter, que même les enfants spectateurs sont en capacité de comprendre.

C’est donc grâce à un concours de circonstances que Vincent se fait passer pour le père de Bart (Oscar Pauleau), nouvellement arrivé dans l’école, tout comme Nora (Camélia Jordana), sa professeure. Parents d’élèves se révèle assez touchant, donnant à voir un petit garçon qui ne connaît pas son père, veut simplement être comme ses camarades et profite de la présence de Vincent à la fameuse réunion de rentrée pour mentir. Vincent, malgré sa conscience un peu tiraillée, profite lui aussi des multiples mensonges de Bart à propos de ses soi-disant métiers et compétences, pour tenter de séduire la jolie Nora.

C’est donc au travers des yeux de néophyte de Vincent que le spectateur va se délecter de ces types de parents qu’il a forcément déjà rencontrés et se moquer des grands principes pseudo-éducatifs assénés à l’emporte-pièce par certains d’entre eux. Car le plus drôle dans Parents d’élèves, ce sont évidemment les portraits acérés des fameux parents, dont la réalisatrice a tenu à une parfaite ressemblance avec les enfants. Chaque parent, que l’équipe de scénaristes a bizarrement choisi de présenter sans conjoint visible, forme donc un couple (un peu trop) miroir avec son enfant.

On décerne une mention spéciale à Samir Guesmi pour son interprétation jubilatoire de François, père macho tête à claques qui sait tout mieux que quiconque, critique tout le monde et oblige son fils Max à être le meilleur partout. L’antagonisme entre François et le faux père de Bart, autant culturel que philosophique, est très amusant et porte une grande partie de Parents d’élèves. Quant aux mamans, leurs descriptions ne sont pas non plus piquées des vers, comme Clarisse Fabienne (Emilie Gavois-Kahn), qui s’inquiète tout le temps des possibles allergies pour sa fille Myriam ou encore Madame Lego (Emmanuelle Bougerol), toujours en retard et aussi peu concentrée que son fils Hugo. On est un peu moins fan d’Eric (Eric Verdin), père homosexuel dépressif de son triste petit garçon adopté Octave, et dont la place manque un peu d’épaisseur au sein de cette communauté.

Parents d’élèves se révèle donc un film familial plaisant, qui donne à voir la transformation d’un jeune homme qui voulait rester un enfant et mais doit devenir un adulte qui prend des décisions et assume enfin ses responsabilités.

Parents d’élèves de Noémie Saglio, en salle le 7 octobre 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

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Source: https://www.cineserie.com/critiques/cine/parents-deleves-vincent-dedienne-en-glandeur-attachant-3766592/

Vincent Dedienne, France Inter, Camélia Jordana

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