Etats-Unis. Cour suprême et armes fatales, Donald Trump s’accroche au pouvoir

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Le président américain refuse de dire s’il s’engageait à une passation pacifique du pouvoir en cas de défaite. Parallèlement il s’apprête à nommer un nouveau juge en remplacement de Ruth Bader Ginsburg, décédée la semaine dernière, bétonnant ainsi le côté conservateur de cette instance juridique suprême.

A moins de quarante jours de l’élection présidentielle prévue le 3 novembre, Donald Trump a de plus en plus de mal à cacher son agacement face aux sondages qui, pratiquement tous, le donnent derrière son adversaire Joe Biden. Et même si, démocratie américaine faisant, obtenir plus de voix ne signifie pas gagner l’élection, le président sortant sent néanmoins le boulet de la défaite se profiler à l’horizon. Estimant que rien n’est perdu, il fait feu de tout bois.

Jeudi, il est ainsi allé se recueillir devant le cercueil de la juge progressiste de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg, décédée la semaine dernière à l’âge de 87 ans. Une démarche inhabituelle de la part de ce milliardaire qui rend rarement hommage aux personnalités qui ne sont pas de son bord. L’explication est sans doute à chercher dans sa volonté de nommer, ce week-end, un nouveau juge, à vie comme le prévoit la Constitution, malgré les appels lui demandant de surseoir à une telle nomination à quelques semaines à peine du scrutin présidentiel. « Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu’un nouveau président n’aura pas prêté serment », avait confié Ruth Bader Ginsburg, quelques jours avant sa mort, à sa petite-fille Clara Spera. Un souhait sur lequel avait ironisé Trump, dans un de ses tweets dont il a le secret. Ce que lui ont rappelé nombre de personnes présentes pour cet hommage à la juge disparue. Des huées se sont fait entendre, ainsi que des cris de protestation.

Ce qui pourrait apparaître comme un mini incident de campagne, reflète en réalité ce que Trump manigance pour rester au pouvoir coûte que coûte. Depuis plusieurs semaines il remet en cause le vote par correspondance qui, selon lui, serait un nid à fraude électoral, semant par avance un possible doute sur le résultat d’un scrutin « truqué ». Mercredi, il a semblé appeler à une annulation des bulletins envoyés par la poste. « Débarrassons-nous de ces bulletins et ce sera très pacifique, il n’y aura pas de transfert vraiment, ce sera une continuation », a-t-il dit. Et a répété jeudi, sur Fox News, que les bulletins par courrier étaient « une horreur ». Or, le vote par courrier devrait être beaucoup plus utilisé cette année du fait de la pandémie de Covid-19.

Interrogé jeudi pour savoir s’il s’engageait à une passation pacifique du pouvoir en cas de défaite, l’actuel locataire républicain de la Maison-Blanche a répondu aux journalistes : « Nous allons devoir voir ce qu’il va se passer ». Il n’a pas caché que, selon lui, l’issue de l’élection se déciderait devant la plus haute juridiction du pays, c’est à dire la Cour suprême. Si celle-ci décidait que Joe Biden avait gagné, en cas d’une course très serrée, « je serais d’accord avec cela mais je pense que nous en sommes encore loin » a-t-il précisé par ailleurs. Il a également fait savoir qu’il pensait « très important d’avoir neuf juges ». Si le Sénat – où les républicains sont majoritaires – confirme le ou la candidat(e) de Donald Trump avant le scrutin du 3 novembre, la majorité conservatrice à la Cour suprême sera portée à six juges contre trois.

Joe Biden a qualifié d’« irrationnels » les commentaires de Donald Trump sur la passation de pouvoir. Preuve sans doute des contradictions inhérentes au camp républicain, Mitt Romney, sénateur de l’Utah, seul de son camp à avoir voté pour la destitution (impeachment) de Trump en février, a déclaré qu’il voterait pour le remplacement de la juge Ginsburg. Sans pour autant faire marche arrière, il vient de tweeter: « La passation pacifique du pouvoir est fondamentale à la démocratie ; sans cela, c’est la Biélorussie. Toute suggestion qu’un président pourrait ne pas respecter cette garantie constitutionnelle est à la fois impensable et inacceptable. » L’idée est pourtant lancée, imprégnant la campagne électorale. Elle est d’autant plus renforcée que la désignation éclair d’un nouveau juge procède de cette stratégie. Le chef de la majorité républicaine au Sénat américain, Mitch McConnell, peut bien promettre une « transition en bon ordre » après l’élection présidentielle, les messages en provenance de la Maison-Blanche suggèrent le contraire.

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Source: https://www.humanite.fr/etats-unis-cour-supreme-et-armes-fatales-donald-trump-saccroche-au-pouvoir-694086

Ruth Bader Ginsburg, Donald Trump, Supreme Court of the United States

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