Meurtre de Victorine : le mystère Ludovic B. «petit délinquant» et «père de famille ordinaire»

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Il y a une semaine, Sébastien B. (le prénom a été changé) publiait sur YouTube une vidéo composée de dessins ésotériques, hommage à Victorine Dartois. Il ignorait alors que son frère, Ludovic B., allait être arrêté et avouer le meurtre de la jeune fille de 18 ans retrouvée morte le 28 septembre — deux jours après sa disparition — dans un ruisseau de Villefontaine (Isère).

Ce mercredi, Sébastien n’a plus « rien à dire » sur son frère. Depuis plusieurs jours, les enquêteurs de la section de recherche de Grenoble enquêtaient discrètement sur Ludovic B., interpellé mardi après-midi par les gendarmes d’élite du GIGN. Placé en garde à vue, le suspect âgé de 25 ans ne connaissait pas Victorine personnellement mais, selon des sources concordantes, il a reconnu avoir tué la jeune femme. La garde à vue de Ludovic B. a été prolongée ce mercredi après-midi. Il pourrait être déféré ce jeudi. Les gendarmes ont saisi la voiture du suspect ainsi que de nombreux effets personnels.

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Connu de la justice notamment pour des affaires de stupéfiants, Ludovic B., né dans le Rhône, est décrit comme un « petit délinquant local » par une source proche de l’enquête. Une connaissance du suspect évoque de son côté un « garçon normal, même s’il avait pas mal changé depuis un peu plus d’un an en raison de sa consommation de stupéfiants ». Père d’un enfant en bas âge, marié depuis plus de trois ans, le jeune homme s’affiche, sur son profil Facebook, sur un scooter grosse cylindrée, dans une piscine avec vue sur mer ou assis sur le capot d’une voiture de luxe. Un ancien ami se dit « très touché » et évoque aussi les relations tumultueuses de Ludovic B. avec sa belle-famille et avec sa femme. « Il y avait souvent des engueulades chez lui. On entendait des cris », confie un voisin. Un autre évoque aussi la consommation de cocaïne du jeune homme.

Ce mercredi, plusieurs proches du jeune homme, gérant d’une petite société de transport, ont vidé son appartement situé au rez-de-chaussée de la place des Fayards, dans le quartier des Fougères à Villefontaine, à moins d’un kilomètre du domicile des parents de Victorine Dartois. A pied, il faut moins de dix minutes, depuis son petit immeuble de trois étages, pour rejoindre le stade de la Prairie, où Victorine a passé son dernier coup de téléphone à sa sœur, peu avant 19 heures. Ce chemin tortueux du vieux Villefontaine longe, vers la fin, le petit ruisseau profond d’une quarantaine de centimètres où le corps de Victorine a été retrouvé. « Comment on peut faire ça? » se demande, choqué, un ancien camarade de classe de Ludovic B. précisant que la marche blanche est passée juste derrière chez lui.

Selon nos informations, quelques jours après la découverte du corps de Victorine, un gendarme du groupement de l’Isère a pu recueillir grâce à un témoin, un renseignement précieux sur l’identité du suspect. Un autre élément essentiel a orienté les enquêteurs sur la piste de Ludovic B. Dans un conteneur à poubelles qui avait été marqué par des Saint-Hubert, ces chiens de la gendarmerie au flair redoutable, les enquêteurs avaient trouvé, au lendemain de la découverte du corps de Victorine, des vêtements et des chaussures susceptibles d’appartenir au suspect, a-t-on appris de sources proches du dossier, confirmant une information du Dauphiné Libéré. Des analyses ont été menées sur ces vêtements. D’autres sont en cours pour comparer l’empreinte génétique du suspect et les éléments ADN recueillis sur les effets personnels de Victorine.

Reste désormais à connaître les circonstances exactes qui ont conduit à la mort de la jeune femme. « Cela ressemble simplement à une mauvaise rencontre, souligne une source proche de l’enquête. Il aurait visiblement tenté de l’aborder. Victorine était au mauvais endroit, au mauvais moment. » Le suspect a-t-il été éconduit par la jeune brune aux yeux bleus? Avait-il déjà repéré Victorine dans le passé, ou même au cours de son après-midi shopping avec ses amis? La famille Dartois était « impatiente de savoir qui est cette personne » et « pourquoi il a fait ça », confie Me Kelly Monteiro, l’avocate de Sylvie et James Dartois, les parents de Victorine, devant la maison familiale. Le conseil a fait part du « soulagement » de la famille à ne plus savoir le suspect « dans les rues de Villefontaine ».

Ce sentiment de soulagement était partagé par beaucoup d’habitants de cette commune de 20 000 habitants. « Ça nous fait un fou en moins dans la nature, salue un ancien camarade de collège du suspect. C’était pourtant un père de famille ordinaire. Il était sympa, gentil. » Rassemblés dans la petite galerie commerciale composée d’une pharmacie, d’un salon de coiffure et d’un café, des habitués expriment leur délivrance : « On a pensé à nos petites sœurs, à nos filles, à nos femmes. On avait peur pour elles. »

Source: https://www.leparisien.fr/faits-divers/le-meurtrier-presume-de-victorine-habitait-le-meme-quartier-14-10-2020-8403126.php

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