Présidence de l’Union africaine : crise libyenne, les feux au vert pour Ramaphosa

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Abdel Fattah al-Sissi d’Egypte s’en va. Cyril Ramaphosa d’Afrique du Sud s’installe. C’est au cours de ce 33e sommet de l’Union africaine. Cette dernière, a démarré hier et ce pour 48 heures (les 9 et 10 février 2020) à Addis-Abeba. Désormais, c’est le Sud-africain qui prend les rênes de l’organisation pour trouver les voies et moyens en ce qui la crise libyenne.

Si la voix de l’UA ne s’est pas répandue en échos comme il le faut en ce qui concerne la crise libyenne, peut-on l’imputer à l’égyptien Abdel Fattah al-Sissi ? Certainement. En effet, durant son mandat alors qu’il devrait s’inscrire dans la logique : «Ni neutre ni partisan», le président égyptien à la tête de l’UA, s’est révélé être un soutien indéfectible du maréchal Khalifa Haftar. Celui-ci est le protagoniste du premier ministre Fayez al-Sarraj, dans la crise libyenne.

Conséquence, comme l’Union africaine n’a pas pu prendre la relève de l’ONU et de la France en perte de vitesse, ce sont désormais les Russes et les Turcs se qui se sont récemment imposés comme acteurs principaux d’une sortie de crise.

C’est dans ce contexte qu’intervient le 33ème sommet de l’Union africaine avec la présidence de Cyril Ramaphosa. Peut-il réussir là où Abdel Fattah al-Sissi, a lamentablement échoué, lui pour qui de nombreux observateurs avertis nourrissaient de nombreux espoirs ?

Les nouveaux plans

Avec la présidence de Cyril Ramaphosa, l’Union africaine, a toutes les chances d’avoir plus de coudées en ce qui concerne la crise libyenne. En effet, contrairement, au président égyptien qui ne jurait que pour l’option militaire au profit du maréchal Khalifa Haftar. De ce fait, toutes les initiatives de l’UA de légitimation en faveur du premier ministre Saraj, ont été systématiquement torpillées. Qu’en serait-il du Sud-africain ?

D’abord, apparemment, Cyril Ramaphosa, n’a pas les mains liées par un quelconque positionnement pour l’un ou l’autre des protagonistes. Le président de l’Afrique du Sud n’est ni Haftar ni Saraj.

Mieux, contre les ingérences étrangères en Libye, le président de l’Afrique du Sud, n’a jamais été tendre à l’endroit des puissances étrangères qui font et défont la paix en Libye. Qu’il s’agisse de la Russie, la France, les États-Unis, l’Italie, la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU) et même l’Egypte.

Cyril Ramaphosa saura également mieux accompagner le Comité de haut niveau de l’UA, présidé par Denis Sassou Nguesso du Congo. Celui-ci pour la petite histoire depuis juillet 2019, peine à travailler du fait des manœuvres subreptices du président égyptien qui a pris fait et cause pour son son filleul, le maréchal Khalifa Haftar.

On a encore en mémoire, cette scène insolite l’année passée. En effet, lors d’une réunion de ce Comité de haut niveau de l’UA, le président Egyptien, a refusé d’y participer. La raison, c’est qu’à la tête d’une importante délégation, le premier ministre Fayez al-Sarraj y était contrairement à son rival, le maréchal Khalifa Haftar, n’était pas invité.

Résultat des courses, l’Égyptien Abdel Fattah al-Sissi, soutien affiché de l’homme fort de l’est libyen, a préféré boycotter la rencontre. Il a fallu que le puissant Idriss Déby Itno et Denis Sassou Nguesso, haussent le ton pour que le ministre égyptien des Affaires étrangères se décide à participer à ladite réunion.

L’autre détail important, c’est que Cyril Ramaphosa prend la présidence de l’Union africaine au moment où une sorte de convergence de points de vue se réalise avec l’Onu. Son patron, le secrétaire général, Antonio Guterres qui est actuellement à Addis-Abeba soutient le rôle de premier plan de l’UA. Sans oublier que l’Onu a donné son accord de principe pour accueillir une délégation permanente de l’organisation africaine dans ses locaux à Tripoli.

Si Cyril Ramaphosa, a des conditions idéales pour la résolution de la crise libyenne, il urge qu’il trouve rapidement des voies et moyens pour convaincre les deux protagonistes à fumer le calumet de la paix.

Par Luc GUIDIBI, Correspondant en Afrique du Sud



SOURCE : https://www.w24news.com/presidence-de-lunion-africaine-crise-libyenne-les-feux-au-vert-pour-ramaphosa-2/?remotepost=44639

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