« T’as qu’à la faire ton équipe de merde » : Anelka donne sa version sur le fiasco de Knysna

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C’est l’une des pages les plus sombres du football français. Knysna a laissé une trace indélébile dans l’histoire des Bleus. Dix ans ont passé depuis les événements peu glorieux survenus en Afrique du Sud. Et pourtant, dix ans après, les versions divergent encore sur ce qu’il s’est réellement passé dans le huis clos tricolore. Tout a été dit, son contraire aussi. 

Mais une parole n’avait jusqu’alors pas été entendue, celle de Nicolas Anelka. Celui par qui le scandale est arrivé avait promis de révéler un jour sa version de l’histoire. Il a pris son temps mais c’est chose faite, avec la sortie ce mercredi 5 août d’un film-documentaire sur Netflix. « Anelka : l’Incompris » retrace la riche carrière du footballeur, de ses débuts à Trappes jusqu’à l’annonce de sa retraite en 2015. S’il a assuré au Parisien que ce reportage de 94 minutes n’a pas vocation à « raconter ‘sa vérité’ sur l’Afrique du Sud », l’ancien joueur de 41 ans y livre de nombreuses précisions sur ce fiasco, autant sportif qu’humain.

On rembobine. Le 17 juin 2010, après une entrée ratée contre l’Uruguay (0-0) dans le Mondial sud-africain, l’équipe de France est tenue en échec par le Mexique. À la mi-temps, le ton monte dans le vestiaire. Des paroles crues sont échangées. Nicolas Anelka, rabroué, s’accroche avec Raymond Domenech, son sélectionneur. « Je rentre frustré dans le vestiaire. Je réfléchis, je suis en train de me dire : ‘Je n’ai aucun ballon, je ne trouve pas la solution, on n’arrive pas à jouer, il y a encore 0-0 et on n’a pas encore marqué de but’. Tout à coup, le coach rentre et il sort mon nom. Quand il sort mon nom, avec toute la frustration qu’il y avait déjà avant, c’est sorti parce que je n’admets pas que tu sortes mon nom comme si j’étais le fautif. Presque l’ennemi public numéro 1. Comme si c’était de ma faute en fait. Donc moi j’ai senti une agression », raconte celui qui aura inscrit 14 buts en 69 sélections. « C’est une très grosse erreur, il doit savoir que la frustration est là. Il doit savoir qu’à l’intérieur, je suis un volcan. »

Sorti à la mi-temps, l’ancien Parisien, qui a failli claquer la porte des Bleus avant le Mondial, peu convaincu du niveau de l’équipe, assiste impuissant à la défaite des siens (0-2). Au soir du 17 juin, la France est au bord du gouffre. Deux jours plus tard, le 19 juin, alors qu’il a été prévenu la veille par le journaliste Arnaud Ramsay, Anelka découvre la Une de L’Équipe. Le quotidien a titré sur les mots qu’auraient prononcés l’attaquant à son coach : « Va te faire enculer, sale fils de pute ». Ce que l’intéressé se défend d’avoir dit, comme l’avait déjà avoué Raymond Domenech en 2018 dans le documentaire de Canal+ « Sélectionneurs ». 

« T’insultes la mère d’un coach, là, ils ont été dans l’étape au-dessus. (…) Les gens qui me connaissent savent très bien que si j’avais dit ce qui est sorti dans la presse, j’aurais assumé », assure l’ancien joueur du Real Madrid, du PSG et d’Arsenal. « J’ai toujours assumé tout ce que j’ai dit et tout ce que j’ai fait. Quand tu vois le photomontage, on a presque l’impression que je veux me battre avec lui. Alors qu’il était loin de moi. Moi, je suis assis. Il me parle et je lui réponds. Ça a duré dix secondes. » 

« C’était des mots de vestiaire et qui devaient y rester. Non seulement, ils sont sortis, mais ce n’était pas les bons. (…) Ce que j’ai dit ce jour-là, c’est : ‘T’as qu’à la faire ton équipe de merde' », a affirmé, une bonne fois pour toute, Nicolas Anelka au Parisien.

Peu importe, le mal est fait. S’ensuit son éviction du groupe. Avant son départ, le banni de Knysna réunit une dernière fois l’équipe, unie derrière lui comme un seul homme. Il explique avoir tenté, en vain, de remotiver ses coéquipiers avant le dernier match de poule contre l’Afrique du Sud. Dans un salon de l’hôtel, où les Bleus logent, « je parle aux joueurs, je leur dis : ‘C’est triste par rapport à la situation et tout ce qu’il se passe. Tout ce que vous avez à faire, c’est être focalisés sur le terrain. Il reste encore un match. Si on le gagne, on se qualifie.’ Et les mecs commencent à me dire : ‘Ouais, mais ce n’est pas normal, on n’est pas d’accord, on veut faire un truc pour toi, on veut marquer le coup.’ J’ai dit : ‘Vous faites ce que vous voulez’. Et ils ont décidé tous ensemble, j’étais là. ‘Demain, on ne parlera plus à la presse et, en signe de protestation, on n’ira pas s’entraîner’. »

Le lendemain, malgré un rebondissement de dernière minute, ses coéquipiers actent leur grève. « Je reçois un coup de fil de Pat Evra qui me dit : ‘Nico, on ne pourra pas faire ce qu’on avait dit, parce qu’il y a des enfants qui viennent, des supporters de l’équipe de France, donc on va signer pour tous les fans et quand on finit, on remonte (dans le bus)’. Et il s’est passé ce qu’il s’est passé derrière », poursuit Anelka. À Knysna, personne ne comprend ce qu’il se joue. La stupeur est générale. La scène est surréaliste. L’air hébété, comme K.-O. debout, Raymond Domenech s’avance devant les caméras pour lire le communiqué rédigé par les joueurs. 

« Moi, je regardais à la télévision et on m’appelait. C’était extraordinaire. Un film ! Il y a le coach qui est parti parler avec sa lettre, l’autre qui dit : ‘Je m’en vais’, l’autre qui prend son sifflet et qui veut se battre carrément avec Evra et tout ça devant les caméras. C’est une folie ce truc-là ! » La suite, on ne la connaît que trop bien. Les Bleus ne s’entraîneront pas et seront éliminés. De ce coup de folie, le football français n’en gardera qu’un souvenir noir et de profondes séquelles.

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Source: https://www.lci.fr/football/netflix-equipe-de-france-t-as-qu-a-la-faire-ton-equipe-de-merde-nicolas-anelka-donne-sa-version-sur-le-fiasco-de-knysna-2010-2161033.html

Nicolas Anelka, Paris Saint-Germain F.C., France national football team, Raymond Domenech

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